Documentation – Plus Bure sera leur chute … http://vmc.camp Lutte contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires Thu, 23 Aug 2018 12:30:07 +0000 fr-FR hourly 1 /wp-content/uploads/2016/12/cropped-favicon_nuke-32x32.png Documentation – Plus Bure sera leur chute … http://vmc.camp 32 32 Ziradio #6: Autour du psycho-trauma /2018/04/22/ziradio-6-autour-du-psycho-trauma/ Sun, 22 Apr 2018 12:27:22 +0000 /?p=8432 Savoir plus]]> Lors d’une journée de formation inter-médic à Nancy en février dernier, on était une dizaine de personnes provenant de différents lieux autogérés de la région afin d’en apprendre un peu plus sur le psycho-trauma et le syndrome post-traumatique (PTSD).

Le but d’une telle rencontre visait à nous sensibiliser et acquérir les outils qui permettent de mieux faire face aux situations qui peuvent générer des traumatismes et possiblement se développer en PTSD. Que ce soit en manif, au quotidien dans les zones occupées, en situation de conflits qui dégénèrent ou lors d’agressions de toutes sortes, on croit que la vie de militant.e.s – mais pas que – nous expose à des risques répétés de traumas. Pourtant, nos réseaux sont assez dépourvus en terme de prévention, de soutient et d’accompagnement des personnes souffrant de choc post-traumatique. De là l’idée de se pencher sur la question, tout en cherchant à s’autonomiser vis-à-vis le pouvoir médical et son monde.

L’enregistrement qui suit a été réalisé dans l’optique d’un partage de connaissances. On a décidé de se réunir quelque temps après la formation pour mettre en commun ce qu’on a retenu de cette rencontre, et on a cru bon de partager cette discussion informelle à un public plus large. Pour débroussailler tout ça, voici en gros les différents thèmes qu’on aborde :

  • 1ière partie : Traumatisme et contexte militant

  • 2ième partie (7min20): Le psycho-trauma et ses mécanismes

  • 3ième partie (25min30): Comment faire un débriefing et reconstruire nos souvenirs

  • 4ième partie (38min05): Écoute active, toto-soin et travail émotionnel

 

Lien vers l’enregistrement:

http://audioblog.arteradio.com/post/3085220/ziradio__6__autour_du_psycho-trauma/

 

Avec les différentes expulsions récentes, que ce soit dans le Bois Lejuc, dans différentes fac ou encore sur la ZAD, on croit que c’est le bon moment pour faire circuler cet enregistrement et éventuellement poser les bases d’un groupe de soutient permanent dans vos réseaux, si ce n’est pas déjà fait! On vous invite à partager cet enregistrement, à organiser des écoutes collectives, et surtout à discuter du sujet dans votre milieu…

Pour plus d’infos sur la question des traumatismes, vous pouvez imprimer et partager la brochure suivante, réalisée par un des groupes d’assistance aux traumatismes et d’aide émotionnelle lors de la COP15 en 2009 à Coppenhague: https://www.activist-trauma.net/assets/files/trauma_flyer_french_A5_v1.pdf

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Topo sur les actions juridiques en cours /2018/02/25/topo-sur-les-actions-juridiques-en-cours/ Sun, 25 Feb 2018 13:42:56 +0000 /?p=7777 Savoir plus]]>

Actions contre le projet Cigéo en général :

– Géothermie (actuellement en Cour de cassation)

Le site de Bure renferme un potentiel géothermique non négligeable. Pour cacher ce potentiel et favoriser la réalisation de Cigéo, l’Andra a fait réaliser un forage en 2008 sans respecter les règles de l’art et a manipulé la présentation des résultats. Le Réseau « Sortir du nucléaire »et cinq associations locales ont assigné l’Andra pour non-respect de son obligation d’information.

http://www.sortirdunucleaire.org/Un-potentiel-geothermique-cache

– Coût du projet Cigéo

Par complaisance envers EDF, Areva et le CEA, qui souhaitaient provisionner le moins possible pour l’enfouissement de leurs déchets les plus radioactifs, Ségolène Royal a fixé par arrêté le coût de Cigéo à 25 milliards d’euros, un montant largement sous-estimé. 5 associations attaquent cet arrêté devant le Conseil d’État.

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-arrete-ministeriel-cout-Cigeo

Actions autour du Bois Lejus spécifiquement :

– Plainte pour faux et usage de faux contre le maire de Mandres

Le 15 mai 2017, plusieurs habitants de Mandres ont déposé plainte à l’encontre du maire de la commune pour faux et usage de faux. En effet, celui-ci avait produit pas moins de trois versions différentes de la délibération du conseil municipal du 2 juillet 2015. En outre, dans le contrat d’échange signé avec l’Andra le 6 janvier 2016 devant notaire, celui-ci déclarait que la délibération du conseil municipal « n'[avait] pas fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif »… Or un tel recours avait été déposé moins de trois semaines auparavant ; il avait également été précédé d’un recours gracieux signé par 31 habitants le 21 août 2015. Le maire ne pouvait donc l’ignorer.

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-cession-bois

– Cession irrégulière du Bois Lejus à l’Andra

Le 18 mai 2017, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois était convoqué pour voter de nouveau sur le sort du Bois Lejus, suite à l’annulation par le tribunal administratif de Nancy de la délibération du 2 juillet 2015. Sous « surveillance » policière massive, la cession du Bois Lejus à l’Andra a été votée par 6 voix contre 5. Un nouveau recours a été déposé contre cette délibération, porté cette fois-ci par 33 habitants de la commune. L’audience en référé s’est tenue le 31 mai 2017, au tribunal administratif de Nancy, lors de laquelle la commune de Mandres et l’Andra, par le biais de leur conseil, n’ont fait état que d’affirmations orientées sans grand fondement juridique. La décision a été rendue le 6 juin 2017. Le tribunal a rejeté la requête en référé des habitants sans motiver outre mesure sa décision. Mais l’affaire est loin d’être terminée : le recours au fond reste à étudier.

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-cession-bois

– Contestation de l’arrêté de distraction de la forêt et de la non-soumission

Le Bois Lejus a fait l’objet d’une convention d’échange entre l’Andra et la commune de Mandres. Suite à cette convention, un arrêté de distraction a été pris par le préfet de la Meuse, permettant ainsi de soustraire de la gestion ONF le Bois Lejus. Des habitants de la commune et plusieurs associations ont déposé un recours gracieux puis contentieux contre cet arrêté.

Suite à la convention d’échange entre la commune de Mandres-en-Barrois et l’Andra sur le Bois Lejus, celui-ci aurait dû être de nouveau soumis au régime forestier de l’ONF. Une demande de soumission a été adressée au préfet puis à l’ONF. Les deux demandes ont été rejetées. Un recours contentieux a été déposé le 9 février 2018.

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-distraction-foret-Mandres

– Barrage à la compensation pour le défrichement du Bois Lejus

Dans le cadre du projet Cigéo, l’Andra prévoit de déposer à partir de l’automne 2018 une importante demande d’autorisation de défrichement afin d’y mener les travaux de reconnaissance nécessaires aux futurs aménagements de surface de la « zone puits ». Ne disposant pas des surfaces suffisantes pour mettre en œuvre la compensation au défrichement sollicité, l’Andra fait appel à candidatures en Meuse et Haute-Marne, auprès des propriétaires forestiers privés ou des communes. Le 17 novembre 2017, la commune de Dainville a ainsi pris une délibération en faveur d’un projet de boisement/reboisement avec l’Andra. Un recours gracieux a été déposé à l’encontre de celle-ci.

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-compensation-defrichement-Lejuc

Actions sur la journée du 22 février 2018 :

– Plainte pour violation de domicile concernant la pénétration et la perquisition illégale de la Maison de Bure : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/plainte_def_violation_dom_220218.pdf

Et dernière victoire en date : Un avis de l’Autorité environnementale du 22 mars 2017 dispensait l’Andra de réaliser une étude d’impact en vue de procéder à des forages, défrichements et destruction des milieux d’espèces protégés et individus de ces espèces protégées pour l’ensemble des opérations de caractérisation des futurs sites d’implantation du centre d’enfouissement des déchets radioactifs CIGEO. Un recours gracieux a été déposé. Suite à ce recours, l’Autorité environnementale a décidé de retirer sa décision du 22 mars 2017 car le projet de caractérisation transmis par l’Andra comprenait notamment un certain nombre de forages qui auraient dû être automatiquement soumis à étude d’impact et n’auraient pas dû faire l’objet d’une décision de l’Autorité environnementale après examen au cas par cas.
L’Andra a alors été contrainte de déposer une nouvelle demande d’examen au cas par cas auprès de l’Ae, ce qu’elle a fait le 12 septembre 2017. L’Ae devait rendre son avis le 17 octobre 2017 mais, à la place, il est précisé que « L’absence de réponse de l’autorité environnementale dans le délai de 35 jours vaut obligation de réaliser une évaluation environnementale ». L’Andra va donc être contrainte de réaliser une évaluation environnementale pour l’ensemble des opérations de caractérisation (forages + défrichement) avant toute autorisation…

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-etude-d-impact-CIGEO

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Bure été 2016-automne 2017- … /2017/12/08/bure-ete-2016-automne-2017/ Fri, 08 Dec 2017 17:14:11 +0000 /?p=7000 Savoir plus]]> Voici un montage qui revient sur les temps forts de la lutte contre cigéo entre l’été 2016 et l’automne 2017 :

https://vimeo.com/246437223

Ce montage a été présenté en exclusivité lors de l’infotour de Novembre 2017 dans le sud de la France, haha on a juste trainé à la mettre en ligne en fait !

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Contribution de quelques habitants de la Vienne et de la Charente à une solution originale au problème des déchets radioactifs /2017/11/15/contribution-de-quelques-habitants-de-la-vienne-et-de-la-charente-a-une-solution-originale-au-probleme-des-dechets-radioactifs/ Wed, 15 Nov 2017 09:38:04 +0000 /?p=6829 Savoir plus]]> À la fin des années 1980, l’Andra a tenté de démarcher plusieurs départements de France pour y implanter son gros trou atomique. Elle a su se faire accueillir à coups de fourches, de goudrons et de plumes, de tracteurs blindés, de manifs massives et déterminées et multiformes, d’occupation de site et de veillée de Noël, de centaines de personnes brûlant leurs cartes électorales et organisant des signatures de pétition massive, etc, etc. Des luttes injustement méconnues sur lesquelles on pourra utilement se documenter en lisant, notamment, la brochure Le temps des déchets, de l’indispensable Association contre le nucléaire et son monde ; ou encore la bande-dessinée Village Toxique sur la lutte à Neuvy-Bouin.

Au-delà de s’opposer de manière radicale et insaisissable, les opposant-e-s – en bon-ne-s citoyen-ne-s, ont également proposé des alternatives à l’enfouissement qui, à l’heure où le sinistre de la trahison écolocratique se prononce pour la « moins mauvaise solution », méritent de sortir de leur trou pour gagner toute la lumière qu’elle mérite.

C’est le cas de cette  » Contribution de quelques habitants de la Vienne et de la Charente à une solution originale au problème des déchets radioactifs »  du « Comité on est jamais aussi bien servi que par soi-même » qui propose 1990 une solution injustement remisée aux oubliettes, qui n’a pas fait l’objet de l’examen approfondi qu’elle méritait, ni même des moyens et des projets de recherche qui auraient pu se mettre en place pour lui donner une possibilité d’exister aujourd’hui sur l’agenda politique. Dans une démocratie digne de ce nom, où l’on met un point d’honneur à ce que le citoyen éclairé ait accès à toute l’information pour pouvoir juger en connaissance de cause, c’est vraiment trop injuste. 

Nous la ressortons aujourd’hui, en exclusivité, pour éclairer la boussole de celleux qui nous gouvernent. Et peut-être leur donner quelques idées pour qu’enfin ils puissent, sordides Ouroboros, s’étouffer à jamais de toute la merde ingérable qu’il nous ont concoté pendant 200 ans d’industrialisation autoritaire de nos vies. La « moins mauvaise solution » n’est-elle pas celle où le problème se mange de lui-même jusqu’à disparaître ? Économie circulaire.

Contribution de quelques habitants de la Vienne et de la Charente à une solution originale au problème des déchets radioactif (1990)

À Monsieur le Préfet,

Sincèrement émus par les difficultés que semble rencontrer l’Etat et ses services spécialisés pour imposer ses déchets radioactifs à des populations hostiles, nous nous sommes réunis en un petit groupe d’amis, afin de leur trouver une solution et se débarrasser du même coup du problème et de ses inventeurs.

Nous avons remarqué que le principal argument que l’on oppose aux adversaires de l’enfouissement des déchets est que, puisque ces déchets existent, il faut bien en faire quelque chose et qu’il vous semble donc naturel que nous acceptions de les voir enfouis sous nos pieds, alors qu’il nous semblerait beaucoup plus naturel de commencer par en supprimer la cause.

Nous n’insisterons pas non plus sur l’ironie qu’il y a à demander maintenant de la responsabilité et du civisme à des populations dont on ne s’est jamais soucié de demander l’avis lorsque cette funeste aventure nucléaire a commencé.

Mais, foin des rancunes. Vous voyant dans l’embarras, avec vos déchets sur les bras, et bien décidés à ne pas les accepter, nous n’avons pas d’autre choix que de vous enlever cette excuse embarrassée.

Gens de peu d’instruction, vivant dans une région pauvre, éloignée des grands centres, nous sommes nous aussi confrontés journellement à des petites difficultés dans nos exploitations et nos ateliers et que nous parvenons généralement à résoudre avec très peu de moyens, un solide sens de l’observation et beaucoup d’astuce.

Aussi, ce n’est pas sans une certaine fierté que nous vous soumettons cet ouvrage absolument au-dessus de toute critique.

Résumons rapidement les données du problème tel qu’il est exposé dans les prospectus que vos services, ou quelques auxiliaires municipaux, distribuent si généreusement dans nos boites aux lettres : quelques fûts, l’équivalent d’une piscine de jardin, de déchets émettant des rayonnements alpha qu’une feuille de papier suffit à arrêter et, qui plus est, vitrifiés par un procédé absolument sûr. Avouez qu’il n’y a pas là de quoi mettre le feu à nos campagnes ni à dépenser des sommes vertigineuses dans un temps où l’impôt semble avoir du mal à rentrer.

Tout d’abord, il nous a semblé que, par une sorte d’étourderie méthodique, vous preniez le problème par le mauvais bout et qu’au lieu de vouloir concentrer ces déchets en un point, il vaudrait mieux, au contraire les disperser, tout en les gardant sous haute surveillance. Monsieur le sous-préfet de Montmorillon a, l’autre soir, presque mis le doigt dessus en nous disant qu’une famille produit en vingt-cinq ans l’équivalent d’un pot de yaourt de déchets, encore qu’il n’ait pas poussé le raisonnement assez loin ni dans la bonne direction.

De petites quantités, mais sous bonne garde, voilà qui semble a priori difficile à réaliser, mais c’est pourtant là que réside notre astuce.

Vous disposez, au sein du CEA, de la COGEMA, de l’ANDRA et d’autres organismes impliqués de près ou de loin dans l’industrie nucléaire civile et militaire, d’un nombre considérable d’employés, techniciens, ingénieurs, bien informés, connaissant parfaitement les substances en question, et les précautions qui s’imposent, et si bien assurés de leur parfaite innocuité qu’ils arriveraient presque par moment à nous en convaincre. Ils sont en outre peu susceptibles de tomber dans le panneau des théories écologiques, voire même anti-nucléaires.

La solution est là, si proche que vous ne pouviez la voir. Simple comme l’œuf de Christophe Colomb, et vous verrez que nous n’employons pas cette image au hasard. Notre idée tient en un mot. Il s’agit de confier à chacun de ces employés la garde d’une petite quantité de ces matières. Et pour cela quoi de plus sûr que leur estomac ? Chacune de ces personnes pourrait ainsi avaler, disons, la valeur d’un gros œuf de déchet vitrifiés, préalablement enveloppé d’une feuille de papier contre les rayons alpha et peut-être d’un pochon de plastique bien noué pour ne pas mouiller le papier.

On nous objectera que cela risque à la longue d’occasionner une gêne pour ces personnes. Nous pouvons vous assurer que non. Nos vaches vivent très bien avec un gros aimant dans la panse afin de retenir les corps métalliques étrangers et cela ne les gêne en rien. L’expérimentation étant déjà ainsi faite, point n’est besoin de perdre des années en longues et coûteuses recherches avant de passer à la phase pratique. De plus, vos gens travaillant la plupart du temps assis et avec leur tête à la différence de nos bêtes qui doivent faire beaucoup de chemin pour trouver leur pitance dans nos maigres pâtures, leur gêne n’en serait que moindre.

Le gros avantage que nous y voyons est, en plus de la dispersion des déchets, la vertu de l’exemple. Que diront les adversaires du nucléaires et autres esprits obtus et méfiants lorsqu’ils verrons, à la bonne mine et à la santé éclatante de tous ces employés qu’ils se trompent lourdement. Et puisqu’il est même prouvé que de faibles doses de radiation peuvent guérir certaines affections, ceux-ci s’en trouveraient de plus préventivement protégés et les autres, incrédules, seraient bien attrapés.

Il serait sûrement judicieux d’avoir différentes tailles d’œufs adaptées à la position hiérarchique de tout ce personnel. Les ingénieurs, chercheurs et autres, d’autant plus persuadés qu’ils en savent plus long sur la radioactivité, pourraient ainsi, fort de leur certitudes, stocker une quantité supérieure à celle de leurs subalternes moins avertis.

Il nous semblerait même bon d’étendre le procédé aux hommes politiques qui font ouvertement profession de foi pour l’atome, ce qui donnerait ainsi du poids à leur propos et montrerait qu’ils sont en quelque sorte prêts à payer de leur personne en renouant avec le sacrifice mythique du chef, un peu comme un Leprince-Ringuet lorsqu’il déclarait qu’il prendrait volontiers tous les déchets radioactifs dans sa cave.

Il faudrait envisager de donner une large couverture médiatique à de tels “gobage d’œufs vitrifiés” à la manière de Turgut Ozal, Premier ministre de Turquie, buvant à la télévision du thé prétendument contaminé après Tchernobyl. On imagine, par exemple, l’impact d’un Conseil général décidant de participer à l’unanimité au programme d’absorption des œufs radioactifs, il serait à coup sûr applaudi de tous ses électeurs.

On nous objectera sans doute que la quantité de déchets ne cessant de croître, nous risquons bientôt de manquer d’estomacs. Cet argument ne tient pas longtemps puisque ce genre de personnel ne cesse lui aussi de croître à la mesure des déchets. On en voit jusque dans nos campagnes compter nos bêtes, mesurer notre lait et s’inquiéter de nos cultures, percevoir ou octroyer taxes et subventions, et nous tenir si bien occupés par toutes sortes de formulaires et imprimés qu’on en viendrait parfois à croire que ce sont eux qui travaillent et que nous sommes à leur service. Nous avons même récemment découvert cette race plus particulière qui regarde en ce moment notre sous-sol prétendument granitique avec cet air inimitable du représentant qui veut vous vendre un aspirateur sans garantie, ou de ces brocanteurs prêts à vous échanger vos meubles de famille contre d’autres en formica, en vous assurant que vous faites une bonne affaire.

D’autres esprits chagrins nous diront que, lors des réunions techniques, colloques et autres séminaires où ces spécialistes s’assemblent, ainsi que dans les plus hautes instances où les hauts fonctionnaires, moins nombreux mais avec des œufs plus gros, décident de nos destins, il y aurait un risque pour le public de voir la concentration de radioactivité augmenter dangereusement. Cette objection non plus ne tient pas puisque généralement, dans ces occasions, le public n’est pas invité.

Le dernier argument que l’on nous opposera est que ces sortes de personnes, cette tribu du nucléaire, sont des citadins, et qu’à l’issue de leur longue vie, ils risqueraient à nouveau de concentrer la radioactivité dans quelques cimetières des grandes villes, réduisant ainsi nos efforts à néant.

Là encore, ce point ne résiste pas à l’analyse. Bien que n’ayant pas fait de longues études, ni étudié la sociologie, nous n’en avons pas moins remarqué que si nos campagnes se dépeuplent, c’est que nos enfants vont grossir les grandes villes et leurs banlieues. Ils y travaillent, la plupart du temps, dans ces divers services dont le système productif actuel a si impérieusement besoin et donc probablement aussi dans les vôtres.

Mais s’ils nous regardent lorsqu’ils passent avec un rien de commisération, ils n’en dédaignent pas moins à revenir couler leurs vieux jours et à se faire enterrer là où leurs parents sont nés. Ainsi donc, en fin de cycle, tous ces œufs ne se retrouveraient pas dans le même panier, mais répartis également sur les 36 000 communes de France.

Mais nous voyons déjà venir l’ultime objection : le jour de leur décès, que nous souhaitons le plus tardif possible, en les enterrant nous n’aurons rien réglé à votre problème.

C’est oublier les ressources de notre artisanat local.

Nous avons encore de vaillants maçons capables de confectionner de solides cercueils en béton armé et d’habiles plombiers qui pourraient faire une petite doublure en acier inoxydable pour peu que vous leur en fournissiez le croquis. Ainsi, même ce petit travail un peu spécial serait de nature à soutenir l’économie locale et chaque commune pourrait en bénéficier sans risques de jalousie.

On imagine aisément les cérémonies d’enfouissement grandioses auxquelles cela pourrait donner lieu, et nous tenons d’ailleurs à votre disposition un modèle de tombeau adapté, orné d’une croix un peu spéciale.

Ayant ainsi balayé tous les arguments sérieux que l’on pourrait nous opposer, nous considérons que vous n’avez plus de raisons fondées de poursuivre vos investigations chez nous, ni même ailleurs, et vous cédons bien volontiers tous les brevets que vous ne manquerez pas de prendre sur notre invention.

Comité “on n’est jamais si bien servi que par soi-même”.
1990.

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Bure se déplace chez vous /2017/10/24/bure-se-deplace-chez-vous/ Tue, 24 Oct 2017 14:18:44 +0000 /?p=6689 Savoir plus]]> Des chouettes hiboux seront en tournée pour présenter, discuter, échanger autour de Bure dans la partie sud de la France. Viendez nous rencontrer !

Voici les dates et les lieux prévus (le programme peut être encore amené à changer) :

Lyon :                8 novembre à 19h, à La Gryffe, 5 rue Sébastien Gryffe 69007 Lyon (dans le cadre de Novembre Libertaire)

Roybon :           10 novembre en soirée, sur la zad (et toute la semaine, un chantier collectif !)

Saint-Etienne :  11 novembre à 19h30 à l’amicale du Crêt de Roch, 16 rue Royet 42000 Saint-Étienne

Aubenas :         12 novembre à 18h au Labo’nheur, 29 boulevard Maréchal Leclerc 07200 Aubenas.

Florac :             13 novembre à 19h à la Salle de réunion rue Sipple Sert (derrière La Poste) 48400 Florac

Toulouse :         14 novembre à 12h à la faculté Le Mirail, 5 Allée Antonio Machado 31100 Toulouse

                         15 novembre à 20h chez canal sud radio, 40 rue Alfred Duméril 31400 Toulouse

                         16 novembre à 19h au local Piquemil, 6 rue Piquemil 31300 Toulouse

Gaillac :           17 novembre à 19h au Chinabulle, 47 rue du chateau du roi 81600 Gaillac

Bordeaux :       19 novembre à 20h au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau 33800 Bordeaux

Aubusson :        21 novembre (plus d’infos bientôt !), organisé avec le collectif Stop Mines 23

« Il y a 25 ans, l’État a choisi le petit village de Bure dans la Meuse pour y enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux. L’opposition n’a jamais cessée : Squat de terres agricoles, installations dans les villages alentours, bataille juridique, manifestations … Depuis plus d’un an des opposant.es occupent et habitent une forêt empêchant ainsi le début des travaux. Des chouettes hiboux du Bois Lejuc viennent parler de tout ça et plus encore ! Retour sur la lutte, projection, discussion … »

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