Information

À propos des travaux en cours …

Ils accélèrent ? On les enterre !

A Bure, le projet de poubelle « n’existe pas »… pourtant les travaux commencent !

Après un été mouvementé marqué par une forte mobilisation d’opposant.e.s sur le terrain, l’ANDRA accélère ses travaux pour la poubelle nucléaire CIGEO dans une opacité complète. Alors que ladite poubelle n’a aucune existence juridique, ni déclaration d’utilité publique, ni déclaration d’autorisation de chantier, les engins rugissent déjà ! De nombreux travaux dits « préparatoires » se sont intensifiés au cours des derniers jours sur les sites du futur stockage de surface/descenderie (entrée des déchets) et de la voie ferrée (carte) ; mais aussi pour de nombreux projets satellites. La riposte continue de s’organiser et a plus que jamais besoin de renforts et de relais !

De nombreux signes avant-coureurs pendant l’été

Avant l’été, de nombreux agriculteurs bénéficiant de baux précaires sur les terres de l’ANDRA ou de la SAFER en zone descenderie, s’étaient vus notifier le retrait de ces terres après les moissons de la fin août. Pour pouvoir accéder aux terrains privés, la préfecture a publié entre fin août et mi-septembre sur commande de l’Andra des arrêtés pour la réalisation de forages et de sondages (études géotechniques), de relevés et bornages topographiques (cartographie détaillée des terrains), de relevés environnementaux, et de fouilles pour le « diagnostic d’archéologie préventive » (pour savoir s’il y a des plus grosses fouilles nécessaires). Des tracts ont été distribués aux habitant-e-s les invitant à refuser ces intrusions, et à refuser les conventions d’occupations temporaires que le négociateur foncier de l’ANDRA Emmanuel Hance, détesté dans toute la région, cherche à faire signer par tous les moyens aux propriétaires.

Ambiance « tranchées » sur la zone de descenderie (ZD) autour de Saudron, Bure et Gillaumé.

En début de semaine un habitant nous interpelle : « Ben, vous n’allez pas vous allonger devant les machines ? Ils ont commencé là ! ». Les ouvriers et les tractopelles, en attente depuis environ deux semaines, ont ainsi commencé lundi 28 septembre leur entreprise de saccage des terres, en creusant des centaines de trous et de tranchées de 1 à 2 m sur des dizaines d’hectares de la zone de la descenderie proches de la D175a, D60 et D175. Pendant ce temps, d’autres s’activent, depuis le 14 septembre, pour réaliser les forages et les sondages. Le tout se faisant bien sûr sous la surveillance rapprochée des milices/vigiles de l’ANDRA, des gendarmes et de Hance, qui débarquent en quelques minutes dès que quelqu’un.e s’approche des zones de travaux…

Fouilles archéologiques préventives sur les terrains de la Zone Descenderie

La chasse aux géologues et aux géomètres est ouverte sur le site de la voie ferrée (ITE) !

Sur les parcelles du site de la voie ferrée autour de Luméville-en-Ornois, Cirfontaines-en-Ornois, Horville-en-Ornois et Gondrecourt-le-Château, tractopelles et engins de sondages réalisent des prélèvements pour des études géotechniques, pendant que de dangereux individus casqués posent bornes et balises pour cartographier à tout va.

Prélèvements géologiques et promenade de vigile sur le site de la voie ferrée

Là encore, les milices de l’ANDRA interviennent rapidement dès l’approche de la zone de travaux.

Adopte un sous-traitant !

Il est encore difficile d’avoir une vue précise de tous les sous-traitants impliqués dans la réalisation de ces travaux préparatoires. Ce qui est sûr c’est que l’entreprise GEOTER est impliquée dans la collecte des données géologiques ; l’entreprise GEDEFOR 55 dans la coupe et la vente de bois sur certaines parcelles boisées ; l’INRAP (Institut national de recherche archéologique préventive) de Champagne-Ardenne est responsable des « diagnostics d’archéologie préventive » au moins en Haute-Marne. Par contre, les employés de l’INRAP de Lorraine auraient refusé de réaliser les fouilles sur les communes de Meuse : en principe, pour l’instant, aucune fouille préventive ne peut commencer côté meusien. Ça n’a visiblement pas inspiré leurs collègues champenois : nous saurons les faire changer d’avis !

En plus des travaux préparatoires, l’ANDRA continue d’irradier sur le territoire

En plus des zones de la descenderie et de la voie ferrée, l’ANDRA, déjà propriétaire d’environ 3000 hectares de réserve foncière (environ 2000 ha de forêts et 1000 ha de terres agricoles), ne cesse d’étendre son emprise, dont l’estimation est passée de 300 hectares en 2013 à 500-600 ha aujourd’hui. Il ne se passe pas une semaine sans que les habitant.e.s découvrent un nouveau projet lié à la poubelle. Ainsi RTE (Réseau et transport d’électricité) projette d’envahir 7 hectares à l’ouest de Bure pour installer le transformateur électrique qui raccorderait la poubelle au réseau, tandis qu’une nouvelle zone à urbaniser (supérette, boulangerie, etc) serait construite à proximité… L’ANDRA a récemment vendu des terres au conseil municipal de Gondrecourt-le-Château pour la construction d’une nouvelle gendarmerie… Des coupes à blanc régulières ont aussi débuté dans le bois de Mandres-en-Barrois (zone des puits), le bois de Glandenoie et d’autres bosquets. Et pendant ce temps là autour du projet expérimental du CEA, SYNDIESE, qui vise à transformer les forêts de Lorraine en biocarburant, des engins terrassent et élargissent des routes depuis plusieurs semaines, alors que le projet (classé ICPE/Seveso) n’a lui non plus, bien entendu, aucune existence légale. Jusqu’où l’ANDRA s’arrêtera-t-elle ?

Chantiers de terrassement, d’élargissement et/ou déviation de route à proximité de SYNDIESE

Ici et ailleurs : relayer les infos, agir, se tenir prêt, venir nombreux.euses aux prochains rendez-vous !

Ici et ailleurs, faites tourner un maximum les informations sur les chantiers en cours (des informations quotidiennes sont en ligne sur le fil info du site vmc.camp) ! Sur place si vous repérez des travaux, ou que des agents ou des engins de l’ANDRA cherchent à pénétrer sur votre propriété, signalez- le aux numéros suivants : Maison de Résistance à Bure 03 29 45 11 77; Téléphone portable: 07 58 13 18 61.

On s’organise et on vous attend nombreux.ses aux prochains rendez-vous pour continuer de faire grandir les forces locales et s’opposer concrètement à l’ANDRA. Une prochaine assemblée mensuelle se déroulera fin octobre/début novembre lors des prochaines Rencontres d’automne (dates à venir).

D’autres appels suivront ! Tenons-nous prêt à converger massivement vers l’Est pour les bloquer !

Article appel début des travaux

 

Rencontres D’automne

Lutte antinucléaire à Bure – Rencontres D’automne

De la mobilisation du 7 juin « 100 000 pas à Bure », à l’arrivée de l’altertour, au campement de VMC où plus de 1200 personnes sont passées,les liens se sont renforcés entre des personnes et collectifs en lutte contre la nucléarisation d’un territoire et le monde qui va avec.

Beaucoup de choses se sont dites durant ces rencontres. Pour que cela ne reste pas que des paroles et profiter de cette dynamique, revoyons nous pour faire le point, nous compter, et tracer des perspectives concrètes.

Sam 26 Septembre – on discute de la lutte contre la nuclearisation du territoire – à la gare de luméville (en cas de pluie, à la Maison de la Résistance)

  • 10h : Retour sur la dynamique de cet été
  • 12h : Auberge espagnole
  • 14h : Etat des lieux de la lutte, partage des dernières informations concernant le projet CIGEO, avancée des travaux, …
  • 16h : Stratégies et perspectives – les différents axes de lutte, les dates à préparer, comment on s’organise…
  • 19h : Apéro suivi d’une soupe chaude au coin du feu

Dim 27 Septembre – Journée portes ouvertes de L’ANDRA  – Rassemblons-nous devant les grilles du labo !

L’Andra poursuit la mise en oeuvre de ses travaux. Debut septembre, une nouvelle coupe d’arbres a eu lieue entre Bure et Saudron. Ne les laissons pas poursuivre leur sinistre besogne. Aujourd’hui, plus que jamais soyons nombreus-e-s et determiné-é-s. http://www.andra.fr/download/site-principal/document/actualites/jpo2015_flyer.pdf

Du 28 Sept au 4 Oct – on continue les chantiers collectifs A la gare de Luméville …

  • isolation de la mezzanine
  • début du projet de maraîchage
  • concevoir voire construire un atelier pérenne
  • Réfléchir à la conception d’un préau (sorte de barnum permanent pour accueillir nos discussions et nos fêtes!)

« Pour affronter l’hiver meusien, la gare a encore besoin d’être isolée; pour pouvoir stocker les outils et travailler dans les meilleurs conditions possibles, un atelier dont une partie fermée ne serait pas de trop! Et pour faire en sorte que le terrain puisse à l’occasion accueillir des couarails, une sorte de grand préau reste à construire! Le terrain pourrait aussi se doter d’un maraichage et s’embellir de fleurs et d’arbres à fruit! Le lieu se veut un espace collectif: que mille idées fleurissent! »

… Mais aussi les discussions :

  • Jeu 1er Octobre –  Reu d’organisation du Convoi de l’Est (Bure, Morvan, Dijon, …) – Dans le cadre de l’appel à ce que se forment des convois depuis des territoires en lutte jusqu’au sommet de la COP 21 en décembre à Paris – texte d’appel : http://marchesurlacop.noblogs.org/ –  18h30 à la Maison de la resistance.

Hébergement : pour les ami-e-s qui viennent de loin, prenez vos tentes, duvets, frontales (…) pour dormir à la gare. Si le temps est épouvantable ou si avez une allergie au camping, possibilité de dormir à la maison de la résistance! (nous prévenir!). Gare de luméville :  /le-campement/acces-au-site/ –  Maison de résistance contre la poubelle nucléaire, Bure, 2 rue de l’église.

Programme en cours, mis à jour d’ici fin septembre !

 

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Un préfet très emmerdé…

On a reçu ça dans la boite de VMC…

Vendredi matin, aux alentours de 3 heures du matin, cinq sacs de compost frais de toilettes sèches ont été vidés sur les marches de la préfecture de la Meuse à Bar-le-Duc, et deux tags les accompagnants : « AREVA, REPREND TA MERDE » et « NUCLEAIRE = POUBELLE ETERNELLE ».

Et encore, notre merde à nous, elle est compostable. Pas comme les tonnes de déchets nucléaires hautement radioactifs que l’Etat envisage d’enterrer sous nos pieds, et qui resteront dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années.

Ce message a été déposé parce que le préfet de la Meuse est largement impliqué dans les projets de l’ANDRA, bras armé de l’Etat pour digérer les résidus immondes de l’industrie nucléaire dont AREVA est le fleuron.

Par son aveuglement et son refus de prendre en compte des principes de précaution les plus évidents, ce préfet met en péril l’avenir commun des formes de vie et se rend ainsi complice de la destruction des écosystèmes et des nappes phréatiques.

Habitué comme ses congénères à passer l’éponge sur les exactions de la FNSEA qui déverse régulièrement son purin devant ses fenêtres, il devrait facilement trouver un débouché pour nos déchets organiques.

Notre civilisation est un bateau ivre, s’enfonçant dans des eaux sombres et glaciales. Nous formons ensemble un radeau de survie fuyant ce naufrage promis. Ne laissons pas leurs poubelles polluer plus longtemps nos vies.

Empêchons leurs fantasmes morbides de devenir notre destin.

Des défenseurs unis des derniers espaces sauvages

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7 août : Fil d’info à couper le Bure

Un espace de non-mixité LGBTIQ a été ouvert voilà deux jours. Des repas et des moments conviviaux y sont organisés. Il est aussi possible d’y lire de nombreuses brochures.

La tente « écoute » a également été mise en place. L’idée de cet espace est de pouvoir parler dans la confiance et la confidentialité de violences et de dominations subies, de moments difficiles. Des permanences sont mises en place en mixité, en non-mixité femmes et en non-mixité LGBTIQ. Peut-être cette tente se développera-t-elle davantage dans les jours à venir.

skippie3Jeudi, le programme était extrêmement chargé ! C’était notamment la journée de lancement des discussions sur la COP 21.

La première discussion, à 10 h, concernait les enjeux de cette grand messe sur le climat qui se déroulera à Paris au mois de décembre. Une discussion en grand groupe, suivie d’une autre session, à 14h, en petits groupes autour des thèmes agriculture, énergie, lien avec la justice climatique, répression, déchets…

Un agenda international des mobilisations de l’automne a été présenté.

Les discussions reprennent vendredi sur ce sujet.

Le matin a également été l’occasion de se parler de non-exclusivite amoureuse et de sortir du conformisme du couple. Inventer et experimenter des relations libres et choisies.

La question de l’antispécisme (la lutte contre l’exploitation des autres animaux par l’humain) fait partie de la réflexion sur le camp. La restauration vegan continue de nous remplir de joie à chaque repas.

Il y eu un atelier « auto-défense physique en manif », mais aussi un atelier d’auto-défense juridique, ainsi qu’un autre d’auto-défense numérique. S’approprier des moyens de protection pour lutter contre un monde ultra sécuritaire semble indispensable sur un camp comme celui-ci, et les motivations pour s’autoformer viennent de partout. Merci à celleux qui partagent leurs savoirs sur ces questions !

skippiebzl2Dans l’après-midi, un atelier rap a aussi eu lieu à la maison de Bure (dessin de droite), on attend d’entendre ça à la radio !

Les discussions sur la gynécologie domestique se sont poursuivies dans le camp non-mixte. On y a abordé des tas de questions liées à nos sexualités, à nos corps et à la manière la plus adaptée de se les réapproprier, et d’éviter le plus possible les contacts potentiellement traumatiques avec la médecine allopathique, qui considère bien trop souvent nos corps comme des machines détachées d’émotions et de ressentis humains…

La question du regain réactionnaire et de l’exrême droite a fait l’objet d’une discussion en fin d’après-midi.Le postulat de départ posé est que l’extrême droite est un groupe hétérogène, et qu’à ce titre ses pratiques sont diverses. On a continué en parlant du contexte de regain d’intérêt pour ce groupe politique, regain qui pourrait éventuellement s’expliquer à travers les évènements récents (la mort de Clément Méric, les manifs pour tous…). Plus globalement, le constat est fait de la droitisation du paysage français et de la lepénisation des esprits. Le discours d’extrême droite devient décomplexé, et les idées qui y sont liées touchent une frange plus élargie de la société. Il est constaté aussi que les médias tendent à paticiper à la projection de ces idées, ainsi que les réseaux sociaux qui ont été largement investis par l’extrême droite. Enfin, les moyens de lutte sont discutés à travers une autocritique du mouvement antifa, le constat d’une nécessité de vigilance quotidienne face à la banalisation de certains propos et actes (racistes, sexistes, etc…) ainsi que celle de continuer à réfléchir collectivement pour effectuer un travail de veille, d’intervention et d’analyse pour lutter contre ces idéologies, en contextualisant ces outils par rapport aux territoires dans lesquels ces luttes s’inscrivent…

Dans la même veine, un autre débat a concerné le confusionnisme (théorie du complot). Il semble que des personnes confusionnistes aient manifesté leur vision du monde lors de cette discussion. Les participant.es ont essayé de définir le confusionnisme, les « confus ». Certains le définissaient comme un mélange des idées traditionnellement attribuées à la droite et à la gauche. Déconstruire leur discours ne suffit pas, on débusque la confusion à l’aune des actes militants des uns et des autres.

Il y a eu également une discussion sur la présence de l’alcool dans nos luttes. C’était une discussion détendue en grand groupe. Certain.es ont parlé de leurs expériences par rapport à l’alcool sur des lieux d’occupation, ZAD, camps, squat…). Notamment le fait que les lieux collectifs où l’alcool était interdit ne survivaient pas longtemps à cette interdiction. Certain.es pensaient que l’alcool pouvait nuire à l’image d’un lieu, d’autres expliquaient les circonstances qui menaient à l’alcoolisation. Une discussion en plus petit groupe a suivi sur l’alcool dans le cadre des lieux occupés et des questions comme : comment remplacer l’alcool, quelles solutions inventer ?

skippie2Réunions et ateliers :

Un incroyable atelier « Chant de luttes » a donné lieu à des créations vocales (à plusieurs voix) de haute volée sur des chansons comme « Je suis fille de.. », « Allez les gars », « Fusk Ushima »… (ci-dessous!)… Les participant.es en redemandent et les lanceuses d’atelier comptent bien en proposer un nouveau dans la journée de samedi. Pour plus de renseignements, regardez le programme mural du point info !

Une réunion non-mixte a eu lieu pour définir un moment de discussion collective mixte sur le sexisme, afin de réagir aux agissements dénoncés lors de l’AG de mercredi soir. Les participantes souhaitent expliquer le sexisme, le féminisme et l’interconnexion (l’intersectionnalité) des luttes en faisant preuve de pédagogie.

skippie1En soirée, un apéritif était proposé à Bonnet, un village proche, suivi d’une discussion sur l’avenir des terres agricoles et la question foncière : la façon dont l’ANDRA s’approprie toutes les terres autour du lieu du projet d’enfouissement. Une mobilisation des agriculteurices en colère serait un soutien fort. Des copains-copines de COPAIN (44, association de paysan.nes qui luttent contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) étaient présent.es pour échanger avec les paysan.nes du coin sur les modalités de défense d’un territoire face à un projet imposé…

La chaleur est toujours de rigueur, pensez à picoler de l’eau à tout va !

 

 

Contexte et historique de la lutte locale contre Cigeo

Le 3 août à 10h00, une grande discussion a eu lieu sur le contexte local de la lutte contre Cigeo et l’Andra. Nous étions entre 150 et 200 personnes. Différentes associations sont venues nous parler du processus qui a été mis en oeuvre pour implanter le « Centre industriel de stockage géologique » dans la région.

NB: Ce compte-rendu a été retranscrit par deux personnes volontaires, elles ont tout fait pour rester fidèles à ce qui s’est dit oralement, et nous invitons toutes les personnes qui voudraient approfondir cet aspect à se renseigner auprès du collectif Bure Stop, qui fédère toutes les initiatives locales d’opposition à l’Andra et à son projet Cigéo.

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Un représentant du Cedra 52 (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs) commence à nous expliquer l’historique. Dans les années 80, les industriels des pays nucléarisés se retrouvent confrontés au problème des déchets nucléaires. La solution étant alors de les jeter en mer. L’enterrement des déchets a donc été envisagé dans la Creuse, mais la population n’a pas été consultée. La population locale, découvrant la situation, entre en résistance, suivie par les élus.

En 1987, quatre départements sont ciblés mais la situation n’était pas claire sur la localisation envisagée. Un moratoire est décidé en 1990 suite à la rebellion de la population.

En 1991, le député (PS) Christian Bataille est à l’initiative de la première loi relative au traitement des déchets  : il recherche des sites candidats en France avec un projet de laboratoire souterrain, un accompagnement économique pour les régions impactées, et des promesses d’emplois.

Fin 1993, quatre départements sont envisagés par Christian Bataille : la Vienne, le Gard, la Haute Marne et la Meuse, ces deux derniers ayant une frontière commune. La Meuse et la Haute Marne seront finalement retenus, avec Bure comme cible.

Jean-Pierre Remmelé, maire de Bonnet entre 1995 et 2014, agriculteur retraité, prend la parole pour raconter avec émotion l’implantation de Cigéo. Quatre ZIRA (Zone d’intérêt pour la recherche approfondie) sont envisagées sur la communauté de communes. Ce qui crée des tensions entre les quatre municipalités (Mandres-en-barrois, Ribeaucourt, Bonnet, Bure), car chacune convoite la «  descenderie  » qui est présentée comme un important facteur de développement économique.

Dans la commune de Bonnet, le conseil municipal vote à l’unanimité contre le projet. En octobre 2009, toutes ces municipalités sont invitées par l’Andra à la présentation du projet. Finalement, c’est une cinquième ZIRA qui est retenue, malgré le fait que personne n’en a entendu parler  ! Il s’agit de Bure. En janvier 2010, lors d’une autre réunion, les 4 maires sont réunis autour d’une table et font face à quatre fonctionnaires  : le préfet, le secrétaire de la préfecture, une stagiaire de l’ENA, et… le chef des RG de la région  ! Trois maires sur quatre souhaitent consulter leurs administrés, mais la préfecture sort alors un texte interdisant les référendums locaux. Seule la mairie de Bonnet tente de s’opposer en évoquant le principe de précaution en prenant une délibération contre l’enfouissement, entamant ainsi une bataille rangée contre l’ANDRA, et donc ontre l’État.
L’association EODRA (Elus opposés aux déchets radioactifs), avec le soutien de la population locale de la Meuse, rechigne car la loi Bataille imposait la création de plusieurs laboratoires, et cela n’est donc pas respecté.

En janvier 2000, un second laboratoire est donc envisagé parmi 16 départements candidats. Parmi eux, la Corrèze, département dont F. Hollande était député. Sous la pression des opposants, le projet du second labo est rejeté, alors que Hollande avait voté pour la loi Bataille de 1991.

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La mobilisation locale
L’opposition locale prend corps en 1994 avec une première manifestation contre CIGEO, à l’appel de diverses associations comme le CDR 55, le CEDRA ou l’EODRA, regroupant plusieurs centaines d’élus meusiens ayant signé contre CIGEO.

Corinne, militante locale, raconte : « En 1994, l’association Meuse Nature environnement a lancé l’idée de créer des collectifs de résistance. L’ensemble du département s’est mobilisé, on a fait des chaînes téléphoniques, des réunions mensuelles, des blocages du Conseil général, des manifestations, des recours juridiques, etc.. Car en 1994, à la vue du cahier des charges de l’ANDRA, on s’est rendu compte que le projet était de confiner les remontées radioactives en surface. Au fur et à mesure, on a découvert les dangers et l’ensemble des problèmes mettant en péril les générations futures, l’eau, les nappes phréatiques, etc. Le but de l’ANDRA est d’enfouir le problème pour 100 ou 200 ans. Il y a donc un risque que les générations futures ne puissent plus connaitre le lieu exact de la contamination. Le travail, avec des experts indépendants, met en évidence des problèmes techniques que l’ANDRA n’a toujours pas résolu : les déchets produisent de l’hydrogène qui peut devenir explosif, il y a donc des risques d’incendie en grande profondeur. Sans parler du transport  : il y aura deux convois de matières radioactives par semaine pendant 130 ans. Un risque insensé d’accident et de contamination. Comment prédire l’imprévisible?»

Jean-Marc Fleury, président de l’association EODRA, renchérit  : « la question du coût de cette opération est largement éludée par CIGEO alors que l’on sait qu’il s’agit aujourd’hui d’une opération de quelques 35 milliards d’euros, minimum. Et si les porteurs de ce projet suivent les recommandations de sécurité de l’IRSN et de l’ASN, on est au dessus de 50 milliards. L’État en a-t-il les moyens ? Non. Sur quoi va-t-il devoir rogner ? Il n’y a aucun contrôle, ni technique ni financier. Je fais partie du CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi). En 2000, nous avons commandé une contre expertise. On s’est trouvé face à un gros problème : impossible d’expertiser le programme de l’ANDRA, car il n’y avait tout simplement pas de programme de recherche  ! Ici, ce qui est recherché par les sociologues et psychologues payés par l’ANDRA, c’est la capacité d’une population à accepter un tel projet. C’est la seul chose étudiée ici. A chacune de nos questions, l’ANDRA répond par l’opacité. Aujourd’hui, environ une quinzaine d’associations se battent contre le projet, avec chacune ses spécificités et ses modes d’action (manifestations, information citoyenne, actions juridiques, participation à la lutte anti-nucléaire nationale, etc.).

Irène, du collectif des Habitants Vigilants de Gondrecourt, explique  : Aujourd’hui le projet de poubelle nucléaire, une sorte de « CIGEO Valley » a permis à d’autres d’entreprises liées au nucléaire de prospérer aux alentours du labo. Par exemple  : à Saudron, Syndièse, un projet du CEA, est une usine de biocarburants dite «  de 2ème génération  » à 22 millions d’euros, destinée à engloutir la forêt alentour car le procédé utilise le bois. Le tout avec un permis de construire non déposé  ! A Velaine-en-Haye, EDF a construit une centrale logistique de pièces de rechange pour son parc de centrales nucléaires (37 millions d’euros). A une trentaine de kilomètres de là, à Void-Vacon, une plate forme de transit a été construite en 2009 par une filiale d’Aréva. Il s’agit d’une aire de repos de matières radioactives en provenance du Tricastin. Autre exemple: à Saint-Dizier, une usine de maintenance nucléaire pour Areva et EDF est en cours de construction pour 42 millions d’euros. De multiples entreprises devraient encore voir le jour autour de CIGEO.

Claude Kaiser, Association La Graine. « Dans la Meuse, on trouve ici concentrées toutes les horreurs du capitalisme. On nous a dit « peut importe ce que vous pourrez dire, vous l’aurez, la seule façon d’empêcher l’implantation de CIGEO est de mettre 10.000 personnes dans la rue ». Mais avec 7 habitants au km2, comment mettre 10.000 personnes dans la rue ? C’est bien la raison pour laquelle ce site a été choisi, nous a-t-on répondu. Je n’ai plus aucun espoir dans ce système. Il faut mettre en place un rapport de force, car ils ne comprennent que ça. Aujourd’hui, on sent un vrai renouveau dans la lutte. La mobilisation a pris un bel essor avec le blocage du débat public en 2013. Ce pseudo débat a été perturbé puis finalement empêche par des centaines de militants locaux. Pour les vieux militants que nous sommes, c’est un grand coup de fouet et beaucoup d’émotion. Il y a eu les 100 000 pas à Bure le 7 juin, l’occasion de réunir prés de 2000 personnes. On n’avait pas vu ça depuis longtemps. Et désormais, le projet mobilise bien au-delà de la Meuse et la Haute Marne. Par l’action de TOUS, dont le camp VMC, on sent que le rapport de force commence à se structurer. Un des problèmes reste que les gens pensent qu’ils n’ont pas les moyens de faire arrêter le projet. Maintenant, je pense qu’il est possible de mettre ces 10 000 personnes dans la rue. Et ça commence aujourd’hui !

Questions dans la salle

En quoi la loi Macron accélère t-elle le projet de BURE ?
A l’origine, il y a la loi Bataille de 91, puis une nouvelle loi sur les déchets nucléaires votée en 2006. Cette dernière, relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, définit une politique nationale, renforce la transparence dans ce domaine, et met en place des dispositions de financement ainsi que d’accompagnement économique. L’autorisation pour l’enfouissement en couche géologique profonde ne sera délivré que si la « réversibilité » du stockage est assurée pour au moins 100 ans. Mais il y avait une date limite pour l’autorisation de la création d’un centre de gestion durable des déchets, et ce délai arrive à terme. C’est pourquoi le gouvernement a accepté, dans la dernière loi Macron, de valider un amendement – déposé par Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse –qui entérine cette « réversibilité ». (Même si le 6 août, nous avons appris que le Conseil constitutionnel vient d’invalider cet amendement).
Mais la « réversibilité » n’est qu’un concept psychologique pour assurer l’acceptabilité sociale. L’Andra est capable de truquer les résultats scientifiques et les associations luttent juridiquement. Le cahier des charges est public. Mais le site de l’ANDRA est tellement blindé de documents qu’il est difficile de s’y retrouver. Au CLIS, on a commandité une contre expertise. Ce ne fut pas possible car il n’avait pas de programme de recherche à expertiser! C’est une anecdote invraisemblable à propos de la supercherie de ce projet. Cela pose aussi le problème de la capacité d’une population à accepter un projet aussi terrible.
Nous connaissons un centre d’enfouissement, le WIPP au Nouveau Mexique (USA) où il y a eu, en février 2014, un accident suivi de fuites radioactives. Les futs les « moins dangereux », qui du moins n’auraient pas été envisagés comme dangereux, ont contaminé 21 ouvriers et les installations souterraines. Il n’y a que très peu d’information relayé mais Mediapart a réalisé un bon dossier sur ce sujet.

Combien de personnes travaillent autour du projet et combien d’emplois sont prévus?
La totalité des emplois directs et indirects est de 280, répartis sur les deux départements. Mais il n’y a qu’une dizaine de personnes réellement du coin qui sont employées. Loin des promesses formulées au début.

Pourquoi ne pas boycotter les instances crées par les institutions ?
Le CLIS de Bure est le seul (organe) qui ait de réels moyens financiers. Grâce à lui, plusieurs études ont été réalisées grâce a l’intervention des opposants.

5 août : Fil d’info à couper le Bure

DSC_9280Deux jours depuis le dernier fil d’infos, et tant de choses à raconter. Les arrivées se sont multipliées et le campement fourmille de près de 700 personnes qui s’activent partout, se retrouvent, se donnent des nouvelles, s’occupent de missions de la vie quotidienne, rejoignent les différents lieux de discussions et ateliers, partent en balade.

Entre autres choses, ce matin, une partie du collectif Mauvaise troupe, auteur de « Constellations, trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle », propose une discussion dans le grand chapiteau. Ils et elles commencent par des lectures de récits de plusieurs NoTav sur des batailles dans la Vallée, et d’habitant.e.s de Notre-Dame-des-Landes et des alentours qui évoquent les premières assemblées de lutte et comment elles ont évolué en réunissant de plus en plus de personnes différentes, ou du rapport aux médias. Puis s’enchaîne une présentation du mouvement NoTav, de sa dimension populaire, des moments forts qui ont construit un sentiment de puissance collective et de solidarité. La lutte de Notre-Dame-des-Landes, nourrie d’une histoire de lutte assez différente, met davantage de temps à prendre une dimension populaire. Mais une notion émerge qui permet de dépasser la question de la lutte contre l’aéroport et d’envisager quelle serait la vie sur la ZAD après l’abandon du projet : comment faire commune, pas au sens administratif actuel mais au sens de la Commune de Paris, du mouvement ouvrier à Nantes en 68 ou d’Oaxaca. Comment revenir sur les succès et les échecs liés aux histoires de ces luttes, comment se construire à partir de ça ; autrement dit de mettre en commun, des forces, des visions, construire ensemble.

En parallèle avait lieu un atelier autour des médias, de l’automédia et des médias libres, avec des personnes qui travaillent sur des projets de sites d’infos alternatives comme Paris Luttes Infos, La Rotative, ou sur des versions papier automédia type journaux de ZADs (Roybon, NDDL…). La discussion s’est ouverte sur la question juridique de l’automédia et le rapport à la loi en particulier, notamment autour du droit de diffusion, du droit de réponse à la presse bourgeoise et de la responsabilité des écrits produits. Puis plus concrètement, ont été abordées en vrac les questions de nos financements et de la mutualisation de nos ressources, de l’autonomie face à la diffusion de nos médias, de la présence de journalistes plus ou moins problématiques sur nos espaces de vie (et de comment l’on pourrait s’en prémunir…)…

Dans l’après-midi, une balade est partie du camp pour continuer à explorer les environs.

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Dans le même temps, une discussion avait lieu sous le grand chapiteau à propos des ZADs. Nommée « Retours critiques sur les ZADs et perspectives« , cette discussion a permis d’explorer les déconvenues et les réussites liées à cet outil qu’est une « ZAD », d’aborder de façon approfondie la question de l’ancrage local et l’importance d’un terreau de lutte qui va au-delà de la simple occupation par des squatteureuses. Le retour sur la ZAD de Sivens, notamment, a été l’occasion de faire le bilan sur les oppositions qui ont pu naître entre locaux/locales et occupant.es et les incompréhensions qui en ont découlées. Des interventions autour d’autres ZADs (Roybon, Notre-Dame…) ont pu permettre d’inscrire cette forme de lutte dans une temporalité historique et d’ouvrir le débat sur la nécessité d’une mémoire collective. Enfin, à partir d’expériences de la ZAD de Notre-Dame, l’échange s’est ouvert sur les perspectives liées à ces formes d’occupation et sur comment elles pouvaient être l’occasion d’arracher à l’état des espaces de vie où il serait possible de réinventer nos vies au sens large, de déconstruire nos rapports notamment de domination et nos constructions oppressives, et de travailler à dépasser l’entre-soi militant et la tendance à s’enfermer sur nos modes de vie respectifs. La discussion s’est finie sur la nécessité de dépasser et se détacher de « la ZAD » et de ce que ce terme peut aujourd’hui véhiculer, notamment à travers l’usage qu’en font les médias, et sur l’importance de ne pas brider nos imaginaires dans ce terme, ainsi que de construire l’hétérogénéité autour de ce que nous offre ces espaces de vie et de faire des ponts entre nos luttes.

Dans la soirée, une assemblée générale extraordinaire a été proposée à mi-camp. Cette assemblée a été l’occasion d’évoquer les questions de dominations sexistes, transphobes, lesbophobes ou racistes vécues sur le camp.

Dès le début de l’assemblée générale, qui se déroulait sous le chapiteau central après le repas du soir, un groupe a demandé la parole et a lu un communiqué pour dénoncer les différentes formes d’oppression et de domination constatées sur le camp. Cette prise de parole a entraîné de longs échanges sur ces questions, et la manière dont elles étaient prises en compte dans nos luttes de manière générale, et sur l’espace du camp en particulier. Bien que la tension ait été palpable toute la discussion, et les échanges parfois peu sereins, des ressentis très forts liés aux oppressions vécues ici ont pu être exprimés, et la nécessité d’ouvrir d’autres espaces de discussions liés aux questions du sexisme dans nos milieux a été posée de façon claire. Suite au(x) prochain(s) épisode(s) donc…DSC_9363Différentes commissions ont également présenté des informations d’ordre technique sur la vie du camp. Quelques éléments en vrac :

– le nombre de personnes participant aux commissions (Vladimir, Martine, Nestor, etc.) qui contribuent à la vie du camp est assez faible par rapport au nombre de personnes présentes (environ 160 sur 600). Inscrivez-vous à l’espace dédié, sous la tente qui accueille le Point Info (espace central);

– le camp a un coût (à vue de nez, 29 000 balles) et 15 000 euros ont été récoltés avant le camp et depuis le 1er août. Plusieurs caisses de soutien sont disposées à l’accueil, à la tente infos, aux différentes cantines, pour accueillir les contributions ; le détail des dépenses est consultable auprès de l’équipe thunes.

– des crieurs et crieuses circulent dans le camp avec les petits messages qu’ill et elles trouvent dans la boîte de la tente Infos. Si vous avez une info à faire passer, vous pouvez faire appel à elles !

– le collectif Bla est présent avec son matériel de traduction simultanée et a mis en place une caisse prix libre pour être soutenu. On salue également le travail impressionnant des volontaires polyglottes qui traduisent en direct en anglais, allemand, russe, espagnol, portugais les discussions du grand chapiteau.

– l’équipe anarcho-pompiers a fait un point sécurité ; vu la chaleur, faites gaffe aux départs de feux !

– l’équipe médic manque de personnes motivé.es et formé.es. Pour remédier à ça, illes proposent un atelier « Conseils en action » jeudi à 17h30 ainsi qu’un rendez-vous « Formation street médic » à 19h, le tout à la tente médic derrière la gare.

– enfin, une éolienne est en cours de construction et sera finie aujourd’hui. Vers toujours plus d’autonomie !

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Nous profitons de ce fil d’info pour lancer un petit appel. Etant donné que la maréchaussée procède à de plus en plus de contrôles dans les environs du camp, nous serions rassuré.es si nous pouvions compter sur le soutien d’avocat.es ami.es. Qu’illes n’hésitent pas à nous contacter s’illes veulent apporter leur aide.

 

A bientôt pour le prochain fil d’infos.

Radio Active 88 FM : VMC sème ses ondes

DSC00147Depuis dimanche soir, une antenne autogérée émet sur la fréquence 88 MHZ, audible dans un rayon d’action de quelques kilomètres autour du campement VMC. Annonces info-traflics, interventions ponctuelles et spontanées sur la vie du camp, reportages et témoignages réalisés par l’équipe Automedia… Un outil que chacun.e peut s’approprier au cours du rassemblement, en apostrophant les copines et copains de l’automedia.

Ceux qui ont quelque chose à dire, n’hésitez pas à venir nous voir. Pour les autres, à vos transistors !

Jour J : Fil d’info à couper le Bure…

DSC_9055Nous y voilà, le camp est dressé ! Des copains et copines s’installent, toujours plus nombreux-ses, et des tentes poussent comme des chardons (ardents) dans l’espace camping. Les nouveaux arrivant.e.s gagnent la tente info où on leur explique le fonctionnement du campement, les différents groupes qui se réunissent entre eux pour éviter de faire des assemblées générales trop souvent, les tâches du quotidien qui tournent entre ces groupes… Autant dire que ça fourmille dans tous les sens car une partie du montage et du défrichage du terrain reste encore à faire, mais pas d’inquiétude, on ne manque pas de bras et de bonnes volontés. Un atout pour le moral des participant.e.s : la nourriture est toujours aussi bonne. L’Est Républicain, pour sa part (édition du 2 août), sort sa prose bucolique en parlant d’un « repas frugal, végétarien et véganien [sic] ».

Pendant ce temps, le camp des Ami(e)s de S!lence s’achève dans la bonne humeur. Surtout que certain.e.s ont décidé de rester pour nous tenir compagnie. Chouette!

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Cet après-midi, la grande AG de lancement a rempli le chapiteau principal. Le collectif VMC et les différentes commissions ont été présentés, avant d’aborder une longue discussion sur les perspectives de ce rassemblement qui nous a occupé jusqu’à 20 heures. Nos ami(e)s non francophones ont pu les suivre et y participer grâce au matériel du collectif de traduction BLA, et surtout grâce à des participants volontaires polyglottes qui ont traduit les propos de l’assemblée en simultané.

La tente ciné a été installée ce soir, et le vélo projecteur inauguré par la même occasion — un tandem bricolé pour fournir du courant 24 V et assurer l’alimentation d’un ordi portable et d’un vidéoprojecteur. C’est « Bouh! », un documentaire qui retrace la vie collective du squat grenoblois « Les 400 couverts », qui a ouvert la première séance de projection (une quinzaine de films seront projetés durant toute la durée du campement).

Sur les routes et alentours, la maréchaussée est sortie de sa réserve ce dimanche. Quelques contrôles sporadiques ont eu lieu à Ligny et Houdelaincourt, sur des axes de circulation empruntés par toute personne venant nous rejoindre. Pour éviter les mauvaises surprises, un collectif local, La Graine, assure depuis samedi une vigie permanente, dès six heures du matin, à l’entrée du village de Mandres-en-Barrois, situé à moins de six km de nos bases. En fin de journée, ils ont reçu la visite d’un fourgon de gendarmerie qui s’est arrêté quelques instants. Une visite de courtoisie, semble-t-il…

DSC_9086Lundi 3 août, c’est l’ouverture des discussions. Cette première journée sera dédiée à la lutte locale contre Cigéo. Dès le début de la matinée, les associations de la région regroupés dans le collectif Bure Stop, qui s’échinent depuis bientôt vingt ans contre ce nuisible projet d’enfouissement des déchets nucléaires, viennent faire un historique de la lutte passée . Ensuite, une petite balade sera proposée pour découvrir les environs (la première d’une grande série). Nous ferons une halte à Mandres au moment du repas du soir et regagnerons le camps en empruntant d’autres itinéraires qui restent encore à construire…
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J-2 : Fil d’info à couper le Bure

DSC_8937On y arrive, plus que deux jours et ça commence ! Au réveil nous étions environ 70 pour l’assemblée de chantier de la journée. Il arrive du monde en continu à Bure et sur le terrain : on quitte l’entre-soi des derniers jours pour entrer de plein-pied dans la dimension du campement. Il n’y a pas de mystère, à beaucoup on fait bien plus de choses : tous les chantiers peuvent avancer simultanément avec 4-5 personnes sur chacun. Nos problèmes les plus épineux d’approvisionnement en eau et en électricité se résolvent au fur et à mesure, grâce à l’afflux de nouvelles idées et expériences. DSC_9006Partout les structures s’érigent et apparaissent comme des champignons : celles qu’on prévoyait et celles qu’on a l’heureuse (et parfois un peu moins heureuse) surprise de découvrir. Ce matin on a fait un gros point sur la bienveillance collective : bruit, chiens (à ce propos, merci de lire les informations pratiques en rouge ICI), alcool, viande grillée et autres sujets qui peuvent fâcher et qu’il est toujours bon d’anticiper.

Parallèlement, le camp des Ami-es de Silence arrive à son terme dans une ambiance joyeuse, avec une soixantaine de personnes. L’exercice un peu difficile de partition du terrain a finalement fonctionné bien mieux que nous l’espérions mutuellement : mardi soir une pièce de théâtre et aujourd’hui une promenade de découverte de la région ont réuni les un-es et les autres. Ce soir nous lancerons une première projection sur le terrain, du film  « Poubelle la vie » sur le terrain, pour présenter le campement VMC aux Ami-es de Silence.

En ce qui concerne l’ambiance dans les environs, on voit peu de gendarmes et on s’en porte bien. Il faut croire que tout le monde (en interne ?) n’a pas du apprécié l’excès de zèle de la semaine passée. Ce midi une estafette était postée au carrefour de Mandres mais pas de contrôles à signaler. Néanmoins prudence sur les routes : grosse opération de contrôle routier prévue sur 18 départements de l’est de la France selon Loractu (info à prendre avec prudence et sans déductions hâtives : pour l’heure on a qu’une seule source pour cette opération). Par contre on apprécie peu que des camions de surveillance surmontés de mats et caméras télescopiques longent notre campement avec leur escorte. Ça ne correspond pas trop aux moyens matériels légers qu’annonçait le préfet dans son interview de lundi.

Si jamais vous vous en voyez/subissez/craignez d’en subir, un numéro a été mis en place pour nous signaler ou se renseigner sur les présences policières autour de Bure. Il s’agit du 07.58.23.08.97.

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La vraie photo de notre campement

Côté médias, les appels continuent d’affluer sur le téléphone presse (+33(0)6.05.72.43.75), de l’Allemagne et les médias nationaux à présent. On sent que la communication des derniers jours n’a pas été vaine : nos messages concernant le projet de campement commencent à ressortir assez fidèlement dans les articles que nous pouvons lire. Ci-contre une petite dédicace à Reporterre qui s’est trompé de 45° dans la prise de vue de notre campement; il s’agit en vérité de la ferme de notre voisin. Le réseau sortir du nucléaire nous a fait une chouette publicité avec son communiqué.

On vous attend impatiemment ici, on est désolés de ne pas pouvoir davantage répondre aux sollicitations pour les covoiturages, on manque de voitures et des places dans celles qui viennent. Bon courage à vous pour celleux qui viennent en stop et à très vite !

Venir à Bure : info traflics, covoiturages et navettes

1401129836_2064537698 INFO TRAFLICS – samedi 8 août

12H00 : méfiance aux alentours de Mandres-en-Barrois et Bonnet, deux villages proches de Bure. Des contrôles ont eu lieu.

Vendredi 7 août :

Journée chaude pour la maréchaussée !

23H50 : un camion de gendarmes mobiles sur le parking de l’hôtel-restaurant de l’Andra, des gendarmes derrière les grilles du bâtiment.

22H30 : 2 camions de gendarmes mobiles et une vingtaine de flics en gilets au niveau de l’antenne, sur la route vers Bure (D132).

22H10 : des flics au niveau de la ferme à la sortie de Mandres (l’un de leurs postes d’observation préférés).

20H30 : 2 canons à eau, 2 fourgons de GM, une voiture partent de Joinville. Ah oui, et aussi 20 camions de GM sur la nationale Chaumont-Saint Dizier, vers Joinville.

17H30 : contrôles conducteurs sur la route Joinville-camp, avant Saudron.

16h20 : 2 voitures de gendarmerie entre Mandres et Bure, dans les champs. Et aussi, 2 autres, en fourgonettes, posées sur la route de l’église vers Bonnet quand on vient de Mandres, entourées d’une quinzaine de bleus. Décidément, le camp c’est trop the place to Bure.

16h10 : 3 cars de CRS et 8 véhicules plein de GM se sont joint à leurs potes à l’entrée de l’autoroute à Chaumont. On en est donc à 18 véhicules de GM, 3 cars de CRS et 2 véhicules anti-émeutes, et 2 voitures de gendarmerie sont arrêtées entre Mandres et Bonnet, youpi.

11h : voiture banalisée grise garée près de BZL depuis 20mn…

COVOITURAGES et NAVETTES

On reçoit pas mal de demandes pour venir à Bure dès à présent et du 1er au 10 août. Nous vous invitons à ajouter vos demandes et vos propositions sur le site covoiturage-libre.fr ou sur toute autre plate-forme similaire qui vous conviendrait. Bure (55290) est maintenant disponible dans les options du site,  mais Luméville-en-Ornois est le village le plus proche du site, vous pouvez donc l’indiquer comme destination.

Vous pouvez publier une nouvelle annonce en indiquant que vous êtes passager-e à la recherche d’un-e conducteur-ice vers Luméville-en-Ornois ou Bure : http://www.covoiturage-libre.fr/nouveau.php.

Si vous venez de Paris, vous pouvez également prendre un covoiturage pour Nancy et descendre à Ligny-en-Barrois. De là, il y a possibilité de rejoindre Bure en faisant du stop devant le magasin Carrefour (route D966 au sud de Ligny en Barrois). Ca marche aussi si vous venez de Nancy.  

Si vous venez en voiture et que vous voulez connaître la présence ou non de checkpoint de contrôles (rares mais existants) sur les routes, appeler au numéro Bison futé : 06.05.72.43.75. Lisez les conseils juridiques en cas de contrôle routier avant de venir.

Nous tenterons également, dans la mesure de nos possibilités, d’organiser des navettes entre Bure et Joinville pour les personnes qui arriveraient en train (horaires de train ici et ). Si vous  êtes coincé.e.s à Joinville ou en stop sur les petites routes autour de Bure, appelez au 07.53.39.67.03 (n° navettes) pour qu’on voie si on peut venir vous chercher.